Critique - Bestie di scena : Emma Dante fait parler les corps - Avignon In - (22/07/17)

Quand le public s’installe, les danseurs sont déjà en train de s’échauffer. D’abord seuls puis en groupe, pour ne pas dire en grappe. Une fois tous coordonnés, le spectacle débute. Une chorégraphie brutale, nette où seuls les corps s’expriment. Dans ce spectacle d’Emma Dante, pas de texte, pas de musique, pas de décors.
Seulement des danseurs, quatorze au total. Ils courent, se dénudent et pratiquent d’étranges actions qui évoquent deux types de « bêtes de scènes », car tel est le titre de la pièce. Tour à tour animaux ou acteurs à bout de souffle, les danseurs combinent à la fois une endurance déroutante et une maîtrise technique irréprochable. Des pétards explosent à cour ou à jardin, ils se massent comme d’un seul geste sur le côté opposé. Des biscuits apéritifs inondent la scène, ils deviennent singes, houspillant et provocant le public, jusqu’à ce que des balais tombent du ciel pour les aider à refaire du plateau un espace de tous les dangers.
Malgré la complexité de la construction du spectacle, et une réflexion sous-jacente à propos de la nudité sur scène (l’artiste ne serait-il qu’une bête ?), Emma Dante nous emporte sans effort dans un tourbillon de corps orchestrés à la perfection. La pièce s’impose ainsi comme l’une des plus éblouissantes du festival. 

Hadrien Volle

Bestie di Scena d’Emma Dante, avec Elena Borgogni, Sandro Maria Campagna, Viola Carinci, Italia Carroccio, Davide Celona, Sabino Civilleri, Alessandra Fazzino, Roberto Galbo, Carmine Maringola, Ivano Picciallo, Leonarda Saffi, Daniele Savarino, Stéphanie Taillandier, Emilia Verginelli, Gabriele Gugliara et Daniela Macaluso.
Jusqu’au 25 juillet au Gymnase du Lycée Aubanel, 14 rue Palapharnerie, 84025 Avignon. Réservations au 04 93 14 14 14. 




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