Critique - La Vie Trépidante de Laura Wilson : une héroïne du quotidien - Avignon Off - (22/07/17)

Laura est de ces personnages qui donnent tout leur sens à l’expression « un malheur n’arrive jamais seul ». D’abord licenciée, elle déraille suffisamment pour que son mari demande le divorce et que, dans la foulée, elle perde la garde de son enfant. Son épopée malheureuse la conduira jusque dans un musée où elle découvrira les œuvres de Brueghel. La peinture du maître Flamand sera le déclic qui lui donnera envie de s’accrocher à la vie. 
Entre drame social et comédie cynique, le texte de Jean-Marie Piemme touche au cœur, et avec beaucoup d’humour, à l’un des problèmes essentiels de notre société : celui de l’employé qui n’est plus qu’un mouchoir, une variable d’ajustement de l’entreprise libérale. L’auteur fait de Laura un personnage qui, néanmoins, lutte, s’accroche et trouve les moyens de continuer à rêver alors que plus rien ne l’y encourage. 
Isabelle Ronayette incarne ce personnage avec brio et une certaine touche de poésie. Au fond de la scène, des hommes autour d’un bureau débattent des rebondissements à donner à son existence, comme des scénaristes de série télévisée. Jean Boillot souligne d’ailleurs la relation inévitable à l’image en ayant une utilisation juste de la vidéo, permettant au spectateur de s’immerger pleinement dans la vue de certains personnages. À la fois immersive, intelligente et poétique, telle est la vie trépidante de Laura Wilson.

Hadrien Volle

La Vie Trépidante de Laura Wilson, de Jean-Marie Piemme, mise en scène Jean Boillot. Avec Philippe Lardaud, Régis Laroche, Hervé Rigaud, Isabelle Ronayette (photo Arthur Pequin)
Théâtre 11 - Gilgamesh-Belleville, 11 boulevard Raspail, 84000 Avignon. Réservations au 04 90 89 82 63
Jusqu’au 28 juillet


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