Critique - Le Captif, l’enfant du placard : Talent gâché - Avignon Off - (20/07/17)

Un corps allongé, recroquevillé plutôt, qui se dresse d’un coup sur une forme noire rectangulaire. Qui est-il ? Sur quoi repose t-il ? Que dit-il ? Le titre annonce que c’est un enfant du placard – un des ces malheureux dont la presse rapporte les traitement ignominieux infligés par des parents monstrueux. Le texte désordonné ne semble pas parler de cela. On écoute, on s’accroche et puis on décroche. Nous avons devant nous un comédien magnifique, qui sait jouer de son torse nu caressé de lumières délicates et qui dit ses mots avec passion, expression. La direction de son jeu par le metteur en scène Fréderic Fage ne semble pas en cause, car l’interprétation est plutôt bonne. Seul pèche le sens. Qu’est ce que cet homme à moitié nu nous dit de la souffrance d’un enfant captif ? Que nous apprend-il de cette fameuse dernière heure de réclusion avant la sortie de son placard. Nous ne le saurons pas, ou alors le message est trop subliminal pour être intelligible. Or le théâtre ne doit-il pas être la rencontre d’un texte, de son interprète et d’un public ? A l’évidence, on a voulu bien faire dans cette affaire, mais l’auteur devra revoir sa copie. C’est du gâchis.

François Varlin

Le Captif, l’enfant du placard
Talent gâché
D’Olivier Sourisse. Mise en scène : Fréderic Fage. Avec : Hugo Miard.
Avignon, Espace Roseau jusqu’au 30 juillet à 16h05
04 90 25 96 05
www.lecaptif.fr


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