Le Roi Lear Apocalyptique (09/07/15)

Pour Olivier Py, Shakespeare a eu, dans Le Roi Lear, la prescience du XXe siècle et des catastrophes qui ont frappé l’humanité récemment : les guerres mondiales et le terrorisme. C’est ce que vit son Lear qui voit passer le diable en motocyclette et tomber du ciel, dans un fracas d’explosifs, des tueurs en treillis. Les hommes sont en frac quand ils ne sont pas nus, les filles du roi Lear en robe de soirée rose, sauf la pure Cordelia qui est en tutu. Le sol se transforme en cloaque qui aspirera tout ce monde corrompu. La plume d’Olivier Py, pour qui les temps modernes sont toujours ceux de l’Apocalypse, n’est pas au plus mauvais de sa forme. Il y a de belles formules mais la mise en scène est si saccadée que les acteurs – même l’énergique Philippe Girard – peinent à faire entendre un texte dans un déroulement nerveux jusqu’à être chaotique. Les inconditionnels aimeront le côté cabaret de la soirée, les spectateurs moins indulgents trouveront la transposition audacieuse mais datée dans sa façon de vouloir moderniser Shakespeare à tout crin.
Gilles Costaz


> Le Roi Lear, de William Shakespeare, traduction et mise en scène Olivier Py, avec Philippe Girard, Jean-Damien Barbin, Laura Ruiz Tamayo, Nâzim Boudjenah, Matthieu Dessertine... Cour d'Honneur du Palais des Papes, du 4 au 13/07 à 22h, sauf le 9/07, 
Reprise aux Gémeaux, Sceaux, du 1er au 18/10


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