Critique Off - LE TARTUFFE - Comédie noire et allègre

On connaît l’intense vivacité du Nouveau Théâtre Populaire, qui transforme en or tous les classiques dont il s’empare, sans jamais chercher à les mettre absolument au goût du jour. Le Tartuffe est le premier volet de sa trilogie Le ciel, la nuit et la fête créée à Avignon en 2021. La comédie noire, glaçante, est donnée ici dans sa version de 1667, sous-titrée L’Imposteur. C’est le roi qui y exécute la justice divine.
L’œuvre éclate dans toute sa justesse et les alexandrins y résonnent comme jamais. Il suffit d’un plancher de bois et de deux portes qui s’ouvrent et se ferment inlassablement pour faire décor. Pas d’effet de manche dans la mise en scène de Léo Cohen-Paperman, mais la virtuosité folle de toute une troupe parée de noir et aux corps entravés. Les interprètes se jouent de la langue, varient le rythme (des répliques débitées à une allure folle ou au contraire plus étirées) et la gestuelle. Il faut voir Tartuffe (Julien Campani, comme toujours époustouflant) débouler en chaise roulante et, rendu fou par le numéro de charme que déploie Elvire pour le démasquer, se lever subitement et claquer des pieds. Mais aussi la tonitruante Elsa Grzeszczak en Dorine, Emilien Diard-Detoeuf en Pernelle, Pauline Bolcatto et Loïc Riewer en Marianne et Valère dans une réjouissante séquence de dépit amoureux. Une jubilation de chaque instant.
Nedjma Van Egmond


Dans le Off
Le Tartuffe, texte Molière, par le Nouveau Théâtre Populaire. Scala-Provence, 3 rue Pourquery de Boisserin 84000 Avignon, 04 65 00 00 90, à 10h





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